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Projet

Eléments de réflexion pour un projet de développement d’un programme d’aide humanitaire au Cameroun

(ces éléments de réflexions peuvent être modifiés par les personnes autorisées)

I. Introduction

  • Motivations personnelles

L'aide humanitaire au niveau de la santé est un engagement personnel pour permettre une amélioration des conditions de vie à une population dans le besoin par manque de moyens et de structures leur permettant d'être en bonne santé.
Il ne suffit pas de faire des dons pour qu'une action humanitaire soit pertinente.
Il est important de se poser quelques questions qui parfois sont sans réponse :
- A qui profitent ces dons ?
- Ces dons sont-ils en corrélation avec les besoins locaux ?
- Ces dons ne vont-ils pas créer une dépendance vis à vis du donnateur ?
- Aprés la phase de donation, que va-t-il se passer ?
La perspective d’aider de façon ciblée, une localité africaine au niveau de la santé est l’un des objectifs de ce projet de développement. La philosophie de ce projet est d'apporter de l'aide matérielle, médicamenteuse, logistique et technique mais en phase avec la population locale, avec une appropriation progressive par cette population de ce projet.

  • Visions personnelles du séjour d’investigation

Le premier séjour, effectué en février et mars 2007, a permis de faire une évaluation très globale des besoins. Avec en corollaire, une prise de contacts avec les personnalités locales.
Grâce à notre ami Samy Godanga, Maïa de souche, nous avons pu assister aux funérailles de son frère dans son village natal, Lokoti, en février et mars 2007.La fête a duré toute une nuit et le vin de miel a coulé à flot. Le bruit des tambours résonnent encore dans ma tête.
Nous avons soigné la population pendant quelques jours et c'est là que nous nous sommes rendus compte qu'il existait une désertification médicale totale avec une souffrance importante. Nous voyons encore ces regards d'espoir et ces sourires malgré la souffrance; ils nous disent de ne pas les laisser à l'abandon.

II. Cadre général

1. Situation géographique
a) Présentation générale

Au creux du golfe de Guinée, le Cameroun fait la jonction entre l’Afrique centrale et l’Afrique occidentale.
Sa situation géographique explique la variété de ses paysages, climats et populations qui lui vaut l’appellation d’”Afrique en miniature”.
D’une superficie de 475 000 km² (France : 549 000), le Cameroun est bordé au nord-ouest par le Nigeria (sur 1 720 km), au nord par le Tchad (1 122 km), à l’est par la République Centrafricaine (822 km), au sud par le Congo (520 km), le Gabon (298 km) et la Guinée équatoriale (183 km). Il dispose à l’ouest d’une ouverture de 364 km sur l’océan Atlantique.

Le pays est constitué de quatre grandes régions géographiques :

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  • La région littorale

large d’une centaine de kilomètres au nord, se rétrécit vers le sud pour former une côte basse et sablonneuse présentant une échancrure profonde, la baie de Douala. Au sud de cette ville, la côte est le domaine des palétuviers (estuaire du Wouri) et, plus au sud, elle se caractérise par de belles plages.

  • Le plateau central

s’étend d’ouest en est. Le plateau de l’Adamaoua (1 000 à 1 500 m) descend en pente douce vers la vallée de la Sanaga, au sud, et s’effondre brusquement au nord sur le bassin de la Bénoué. Une région accidentée recouverte par la forêt équatoriale s’étend au sud de l’Adamaoua. Presque tous les fleuves qui sillonnent le Cameroun prennent naissance dans l’Adamaoua.

  • Les montagnes de l’ouest

se raccordent au plateau central par une vaste zone d’anciens volcans (où les monts Bamboutos, Manengouba culminent à plus de 2 000 mètres) : plateau Bamiléké, plateau Foumban, plateau Bamoun, massif du Mandara. Cette région se prolonge par le Cameroun occidental où le mont Cameroun culmine à 4 094 m.

  • Le nord-Cameroun

vaste région de plaine et de savane (plaine de Garoua) ourlée au nord-ouest par des montagnes de type volcanique, fait progressivement place, en direction du nord-est, à la dépression du lac Tchad. Deux types de végétation prédominent : la savane au nord, la forêt dense au sud.

b) Liaisons avec la France

6 000 km environ séparent le Cameroun de la France. Les liaisons aériennes sont quotidiennes entre la France et le Cameroun (durée 6 heures). Depuis Paris, Air France et Cameroon Airlines (4 fois par semaine) assurent une desserte relayée par SN Brussels (via Bruxelles, 8 heures), Swiss Air (via Zurich, 8 heures) et KLM (via Amsterdam, 8 heures).
Les tarifs oscillent entre 600 et 2 000 € selon les compagnies et les saisons.
Les horaires des vols peuvent être consultés sur Minitel par le 36.15, code d’accès HORAV (1,29 FF TTC/min.) et sur Internet sur le site adp

c) Population

En 2002, la population du Cameroun a été estimée à 15 millions d’habitants.
Terre de passage depuis toujours, le pays est une mosaïque de plus de deux cents ethnies, pour l’essentiel bantoues, dont Fangs et Bétis, Bamouns et Bamilékés, Sawas, Peuls (Foulbés) et Pygmées.
Les flux migratoires actuels se traduisent par un mouvement général des campagnes vers les villes d’une part (la croissance de la population urbaine est de 6,5% par an), et par une tendance à l’émigration vers l’Europe, en particulier vers la France.

d) Climat

* Deux grandes saisons rythment le climat :
- Une saison des pluies (d’avril à novembre)
- Une saison sèche (de novembre à avril).
* Températures :
- Yaoundé (centre) : de 17° (en juillet) à 30° (en mars) ,
- Douala (littoral) : de 22° (en juillet) à 31° (en février) ,
- Garoua (nord) : de 16° (en décembre) à 40° (en avril)
* Pluviométrie :
- Yaoundé : de 22 mm (en janvier) à 300 mm (en octobre), hygrométrie : 20 à 92%,
- Douala : de 50 mm (en décembre) à 300 mm ( en septembre), hygrométrie : 75 à 97% ,
- Garoua : de 0 mm (décembre-février) à 210 mm (en août), hygrométrie : 10 à 70%

e) Villes principales

- Yaoundé
La capitale administrative et politique, située dans le centre du pays, compte 1,5 million d’habitants. Située dans une région boisée à vocation agricole (cacao, bananes), Yaoundé compte également quelques industries. La ville est structurée en trois zones : résidentielle, commerciale et administrative. Elle est reliée à Douala par la route et le chemin de fer.
- Douala
Capitale économique et port principal sur l’estuaire du Wouri, à 24 km de la mer, Douala concentre 95% du trafic maritime du pays et comptait officiellement, en 1998, 1,5 million d’habitants et vraisemblablement plus de 2 millions aujourd’hui. On y trouve des industries aussi diverses que la production d’aluminium, l’agroalimentaire, le textile, la transformation du bois. A 30 km de Douala à vol d’oiseau, le mont Cameroun (4 000 m) est visible depuis les bords du Wouri par temps clair, mais il est le plus souvent caché dans les brumes d’altitude.
- Garoua
Port sur la Bénoué (principal affluent de la rive gauche du Niger) dans le nord du pays. Premier pôle économique du “grand nord”, Garoua compte 293 000 habitants et plusieurs unités industrielles (huilerie, brasserie, textile).
- Bamenda
Ville de l’ouest (au nord-ouest de Bafoussam) : 252 000 habitants.
- Kousseri
Ville de 233 000 habitants sur les rives du Chari, frontière avec le Tchad, face à N’djamena.
- Maroua
Située dans la plaine du Diamaré au pied d’une chaîne avancée des monts Mandara. Cette ville de 225 000 habitants, proche du parc national de Waza, abrite l’un des plus grands marchés du Cameroun.
- Autres villes
Bafoussam : à 200 km au nord-ouest de Yaoundé. 205 000 habitants.
Ngaoundéré : à 150 km au sud de Garoua, à une altitude de 1 100 mètres. 156 000 habitants.
Foumban : à 60 km à l’est de Bafoussam, la capitale du pays Bamoun est un lieu à vocation touristique de 98 000 habitants

2. Situation actuelle

  • Situation économique

Riche en hydrocarbures dans les années 70, le Cameroun doit aujourd’hui diversifier et consolider ses autres ressources.
Tête de pont maritime de la zone CEMAC, dont il représente un tiers du PIB, il est exportateur net vers ces pays ainsi que vers la RDC. Toutefois, ces flux régionaux ne représentent qu’une faible part des échanges commerciaux camerounais.
Après le report en août 2004 du point d’achèvement de l’initiative PPTE [1], le Cameroun a franchi avec succès cette étape fin avril 2006. L’atteinte du point d’achèvement a permis au Cameroun de bénéficier en juin 2006 d’une annulation de dette de 3,475 milliards $ de la part des créanciers du Club de Paris (créanciers bilatéraux). Une annulation de la dette camerounaise par des créanciers privés (Club de Londres) et multilatéraux (IADM : initiative d’annulation de la dette multilatérale) sont à l’étude.
La France, qui possédait 40% de la dette bilatérale du Cameroun envers le Club de Paris (soit 1,7 milliards $) peut ainsi mettre en œuvre son Contrat de Désendettement Développement (C2D), qui permettra de « réinjecter » dans l’économie camerounaise environ 100M€ par an pendant 5 ans. Le C2D français devra viser le objectifs prioritaires identifiés dans le Document stratégique de réduction de la pauvreté (DSRP).

  • Situation politique

Dans un pays marqué par un bilinguisme (français et anglais) et une grande diversité, géographique, ethnique (225 ethnies) et religieuse, le Président Paul Biya, au pouvoir depuis 1982, incarne la stabilité et le consensus. Il a été reconduit pour un nouveau mandat le 11 octobre 2004 avec 70,9 % des suffrages et dispose de la majorité à l’Assemblée (large victoire du parti présidentiel, le RDPC [1], aux législatives de 2002).
Les prochaines échéances électorales : - les élections législatives et locales de juin 2007 - ne mobilisent que difficilement une opposition désorganisée.
Le gouvernement affiche la volonté de poursuivre les efforts en faveur d’une meilleure gouvernance, et met particulièrement l’accent sur la lutte contre la corruption. Cependant, les progrès demeurent timides.
Le développement économique du pays, en particulier du Nord, et le dialogue avec les minorités anglophones séparatistes de l’Ouest du pays constituent les autres priorités du gouvernement.

  • Situation sanitaire

L’étude de la pauvreté est généralement faite sur le plan monétaire à partir du revenu des ménages. Dans le cadre de la Deuxième Enquête Camerounaise Auprès des Ménages (ECAM II), l’approche a consisté à estimer le revenu d’un ménage à partir des dépenses de consommation qu’ils allouent aux différents biens et services. Le revenu utilisé pour s’offrir ces biens provient principalement des activités que les membres du ménage exercent à l’aide de leur force de travail. La force de travail d’un individu est étroitement liée à son état de santé. Ainsi, il s’est avéré important d’étudier l’état de santé des membres des ménages de même que leur suivi sanitaire qui sont, des déterminants indirects de leur niveau de vie.
Il ressort des résultats de l’ECAM II que dans l’ensemble, près d’une personne sur trois au Cameroun a déclaré avoir été malade au cours des deux dernières semaines qui ont précédé l’enquête. Il s’agit de la morbidité déclarée ; elle est donc sujette à la subjectivité du répondant qui n’est pas spécialiste en matière de santé. Le niveau de cette morbidité déclarée ne varie pas sensiblement d’une région à l’autre, ni d’un milieu de résidence à l’autre. Cependant, les personnes de moins de cinq ans et celles de plus de cinquante cinq ans sont plus vulnérables visà- vis des maladies. Il en est de même des femmes par rapport aux hommes. Selon les groupes socio-économiques, les retraités et les invalides connaissent plus de problèmes de santé que les autres groupes.
Suivant le niveau de vie, les membres des ménages pauvres se sont déclarés être moins malades que ceux des ménages non pauvres. En effet, les membres des ménages non pauvres, disposant d’un peu plus de moyen, s’assurent généralement un suivi médical contrairement aux ménages pauvres dont un membre ne s’avoue souvent malade que lorsque son état de santé se détériore. Dans cet esprit et suivant les quintiles de dépenses, les 20% des ménages les plus pauvres ont déclaré être moins malades que tous les autres.
En ce qui concerne la petite enfance, son état de santé s’avère moins réconfortant que celui de l’ensemble de la population. Près de la moitié des enfants de moins de trois ans ont été déclarées malades au cours des deux dernières semaines qui ont précédé l’enquête. Les enfants des ménages pauvres l’ont été moins que ceux des ménages non pauvres.
Des quatre types de pathologies (paludisme, diarrhée, maladies respiratoires et méningite) dont la prévalence déclarée a été étudiée au cours de l’enquête, le paludisme est apparu comme celui qui sévit le plus sur le territoire national, avec une prévalence de 11%. Les régions du Centre et du Sud-Ouest sont les plus menacées. Le paludisme est suivi dans sa domination par les maladies respiratoires et les maladies diarrhéiques. Pour toutes ces pathologies, les pauvres souffrent plus que les non pauvres. La méningite est presque inexistante. Mais, elle n’est pas en voie de disparition car son absence apparente est due à la période d’enquête qui ne correspondait pas à la saison où elle sévit souvent.
Pour ces maladies ou pour d’autres raisons, les ménages font recours aux personnels de santé pour se faire consulter. Ainsi, seulement près de 60% des camerounais se sont fait consulter au cours des douze derniers mois qui ont précédé l’enquête. Quant aux consultations des deux dernières semaines, elles sont de 14 % sur le plan national et varient entre 9 et 16% selon la région. On note une absence de consultations pour un bilan de santé car 90% des consultations concernent des cas de maladies et le reste, les grossesses et les accouchements. Dans l’ensemble, près de trois personnes sur cinq déclarées malades au cours des deux dernières semaines n’ont pas eu de consultation de santé.La plupart de ces consultations ont lieu dans les services publics de santé. Cependant, le secteur privé est plus sollicité en milieu urbain. Les consultations opérées dans le secteur informel sont estimées à 24,5% en 2001 contre 64% en 1996. Cette baisse n’est pas seulement imputable au changement des habitudes, mais aussi à la formalisation des anciennes structures informelles de santé. Ces consultations informelles sont beaucoup plus le fait des pauvres que celui de non pauvres. Quant à la qualité du personnel consulté, huit personnes sur dix ont fait recours à un personnel qualifié tels que les médecins et autre personnel paramédical pour leurs consultations. Le recours à un personnel qualifié semble être fonction du niveau de vie car les non pauvres sont plus nombreux à faire recours au personnel de santé de qualification reconnue.
A propos de la prévention des grossesses, et par ricochet des MST/SIDA, en moyenne deux femmes sur cinq âgées entre 15 et 49 ans ont déclaré en 2001 utiliser une méthode préventive. Ce chiffre est à la hausse par rapport à 1998 où il était d’une femme sur cinq. Suivant les régions, la sensibilisation doit être accentuée dans les régions du grand nord surtout dans l’Extrême-Nord où très peu femmes utilisent les contraceptifs et où beaucoup d’autres en ignorent l’existence. La méthode de contraception la plus utilisée par les femmes est l’abstinence périodique, suivie de l’utilisation des condoms. La plupart des femmes qui n’utilisent pas de contraceptifs déclarent ne pas en avoir besoin et évoquent aussi l’ignorance.
En ce qui concerne le suivi médical des femmes à l’accouchement, environ 64% des femmes qui ont accouché en 2001 l’ont fait dans un centre de santé formel. Cette proportion est ainsi restée la même qu’en l’an 2000 selon l’enquête MICS (Multiple Indicators Cluster Survey). Jusqu’ici, dans certaines parties du pays, plus particulièrement dans les provinces de l’Extrême-Nord, du Nord et de l’Est, c’est en dehors d’un centre de santé formel qu’ont eu lieu la plupart des accouchements.
Chez les enfants de moins de trois ans, une attention a été portée à la possession d’un carnet de vaccination, synonyme de recours aux services assurant l’immunisation contre certaines maladies. Sur le plan national, seulement 70% des enfants de moins de trois ans possèdent un carnet de vaccination. Tout comme pour le suivi des femmes à l’accouchement, cette proportion est encore très faible dans les régions du Nord, de l’Extrême-Nord et de l’Est. Les enfants de non pauvres sont plus nombreux à posséder un carnet de vaccination que ceux des pauvres.
Quant à l’administration des vaccins contre la tuberculose, la poliomyélite, la diphtérie, le tétanos, la coqueluche et la rougeole qui sont les maladies cibles du programme élargi de vaccination (PEV), seulement 55% des enfants de 12 à 23 mois sont totalement immunisés, c’est-à-dire ont reçu les quatre vaccins recommandés contre toutes ces maladies. Environ 19% des enfants de cette tranche d’âge n’ont reçu aucun de ces vaccins ; les enfants des plus pauvres sont les plus nombreux dans cette situation. Le taux d’immunisation est plus élevé en milieu urbain qu’en milieu rural. Le vaccin contre la tuberculose est le plus administré car près de trois enfants sur quatre l’ont reçu. Viennent ensuite le vaccin contre la polio et celui du DTCOQ. Le vaccin contre la rougeole est le plus négligé par les parents ; seulement trois enfants sur cinq âgés de 0 à 35 mois ont déjà reçu ce vaccin au moment de l’enquête. Pour tous ces vaccins, les enfants du Nord, de l'Extrème Nord et de l'Est sont moins couverts.Dans l’ensemble, seulement un enfant de moins d’un an sur quatre a participé aux journées nationales de vaccination. Ce chiffre ne varie pas entre les enfants des ménages pauvres et ceux de ménages non pauvres. De même, il n’y a pas de différence significative selon le milieu de résidence. Par contre, pour cette participation, Il existe des disparités régionales, les enfants des ménages du Sud et du Centre paraissant favorisés par rapport aux enfants des ménages du Nord.

L’étude de l’accessibilité des ménages aux services de santé a distingué l’accessibilité physique et l’accessibilité financière.
Sur le plan physique, il ressort qu’en 2001, un individu parcourt au Cameroun environ 4 km de route de son logement au centre de santé le plus proche. Cette distance est d’environ un km en milieu urbain contre 5 km en milieu rural. Entre les régions, les différences sont plus criardes. De 1 km en moyenne à Yaoundé et Douala, 2 à 3 km à l’Ouest et au Littoral, cette distance avoisine 6 à 7 km dans les régions du Centre, de l’Est et du Nord.
En ce qui concerne le temps moyen mis pour se rendre dans le centre de santé le plus proche, il est en moyenne de 25 min chez les non pauvres et de 40 min chez les pauvres. Il est à noter que ce temps de parcours est fonction du moyen de transport utilisé. L’hôpital de district le proche du ménage est toutefois plus éloigné que le centre de santé intégré. Sa distance moyenne au ménage est 3 à 4 fois plus grande que celle séparant le ménage du centre de santé intégré le plus proche. Quant au temps mis pour atteindre un hôpital de district, il est 1,5 fois plus grand que celui mis pour atteindre le centre de santé le plus proche.
Le coût d’une consultation de santé s’élève en moyenne à 680 FCFA au Cameroun en 2001. Cette moyenne varie selon le secteur, le coût d’une consultation étant plus élevé dans le privé que dans le public. Ceci peut être mis en relation avec les différences de coûts observés chez les pauvres et les non pauvres. Ces derniers sollicitent plus le privé formel et payent plus chers que les pauvres. Dans l’ensemble, la dépense moyenne annuelle de santé par tête s’élève à 22 000 FCFA en 2001. Ce montant varie considérablement selon le niveau de vie, les non pauvres dépensant pour leur santé en moyenne cinq fois plus que les pauvres. C’est dans les régions de Douala et de Yaoundé que les dépenses de santé sont les plus élevées. L’Extrême-Nord est la région dans laquelle les populations dépensent le moins pour leur santé. Suivant le milieu de résidence, la dépense annuelle moyenne est trois fois plus importante en milieu urbain qu’en milieu rural.
Enfin, l’analyse des actions de l’Etat révèle qu’en 2000/2001 les dépenses publiques de santé sont inégalement réparties entre pauvres et non pauvres. Les non pauvres sont les plus grands bénéficiaires. De même, l’offre des services de santé s’avère insuffisante au Cameroun. En effet, les difficultés d’accès aux soins de santé relevées dans cette étude confirment les résultats du rapport du Programme des Nations Unies pour le Développement de 1998 selon lequel, le pays présentait en cette date un ratio de un médecin pour plus de 9000 habitants et de un infirmier pour plus de 2000 habitants.

III. La coopération française

Le Cameroun a atteint le Point d’achèvement de l’initiative PPTE le 28 avril 2006. À compter du Point d’achèvement, 100% des échéances AFD dues par le Cameroun à la France sont re-financées par des dons. Ces échéances constituent les ressources du C2D le plus important jamais signé en Afrique, dont le montant atteint 537M € sur 5 ans (2006-2010). Les cinq points d’affectation principaux de notre C2D sont : santé et lutte contre le SIDA, éducation de base, infrastructures, développement agricole et sécurité alimentaire, environnement. La bonne gestion des fonds sera contrôlée par des organes de contrôle paritaires. Le DCP (Document Cadre de Partenariat) 2006-2010 prévoit de concentrer les efforts français autour de 4 pôles au titre des objectifs du millénaire pour le développement (OMD) : santé et lutte contre le SIDA, infrastructures, éducation de base, agriculture, et sécurité alimentaire. Les trois priorités transversales sont l’enseignement et la recherche, la promotion de la diversité culturelle, la veille et la prospective. Le DCP, d’un montant de 578M€, s’appuiera très largement sur les financements du C2D. La signature de ces deux documents pluriannuels, DCP et C2D, signés lors de la visite de Mme Girardin au Cameroun les 21-22 juin 2006, illustrent la relance remarquable de notre coopération bilatérale avec le Cameroun. Notre coopération militaire au Cameroun ne s’inscrit pas dans ces documents cadres mais relève de l’accord de coopération militaire signé le 21 février 1974. Elle a une double vocation intérieure (État de droit et maintien de l’ordre) et régionale (maintien de la paix) avec l’existence d’ENVR (Établissements nationaux à vocation régionale).

IV. Localisation du projet

1. Géographie
carte de Lokoti

2. Démographie
Lokoti se situe dans la région de l’Adamaoua (région située entre le Nord et le Centre), dont la capitale est Ngaoundére (190 km au nord de Lokoti).
Cette région est localisée sur un plateau d’altitude (1000m).
C’est une ville d’environ 5000 habitants avec une circonscription de 15000 habitants.
La principale activité de cette localité est l'agriculture : élevage de bétails, culture de manioc et de maïs.

3. Eléments sanitaires
Sur Lokoti, il n’y a pas d’hôpital mais un dispensaire d'état prenant en charge toute la population du secteur. Il existait, il y a quelques années, un hôpital à Lokoti qui a été construit par les Américains. D’après la population, cet hôpital était très bien équipé mais nous n’avons pas pu avoir d’autres éléments. Cet hôpital aurait été détruit par le feu de brousse et actuellement il ne reste que les murs.

4. Les acteurs
Ce dispensaire est dirigé par un infirmier et trois aides qui ont la fonction d’aides soignants. Il y a un médecin qui exerce Meiganga (30 Km de Lokoti) et qui vient une fois tous les deux mois à Lokoti.

5. Les moyens sanitaires existants

  • Il existe un stock de médicaments fourni par une coopérative régionale, dont vous trouverez la liste sur le site web. Ce stock est largement insuffisant pour les besoins de la population car l'approvisionnement est trés aléatoire.
  • Le matériel médical est trés usagé ou manquant. Vous trouverez sur le site les besoins en matériels.

V. Développement souhaitable du projet

1. Les acteurs
a) En France
Une association sera chargée de récolter des fonds, du matériel et des médicaments. Elle aura également pour rôle de monter des actions en coordination avec les responsables locaux de l'association camerounaise. Elle comprendra tous les donateurs et les bonnes volontés qui voudront agir sur Lokoti.
b) Sur le terrain au Cameroun
La population devra créer une association qui sera le partenaire de l'association française.

2. La mise en place de la coopération
Cette mise en place passe d’abord par une aide pour la création d’une association à Lokoti, puis par une analyse avec celle-ci des besoins sanitaires et des objectifs à se fixer sur le court, moyen et long terme.

3. Objectifs immédiats

a) Evaluation des besoins
Nous avons déjà fait une première évaluation sommaire cette année mais il est nécessaire de compléter celle-ci par une évaluation plus détaillée.
Le fait d’avoir des contacts sur place, va nous faciliter la tâche.
Nous allons effectuer une deuxième évaluation fin novembre 2007, afin de définir les besoins, les attentes, les moyens et la logistique.

b) Création de deux associations
L'association camerounaise a été crée en septembre 2007; elle est composée de membres de la communauté de Lokoti.
L'association française a été crée en novembre 2007. La parution au journal officiel date du 15 novembre 2007. Cette association a élu un bureau composé d'un président, d'un vice-président, d'un secrétaire, d'un trésorier et de deux administarteurs.

c) L’équipement de base
Notre action va se porter principalement sur le côté sanitaire mais en englobant, également, toutes les actions annexes qui pourraient améliorer la santé dans cette commune (éducation, gestion de l'eau, nutrition,etc.).
La collecte de médicaments est un temps important de l'association car les besoins sont importants dans cette locatlité. Pour cela, nous avons établi une liste de médicaments nécessaires et indispensables avec la coopération des professionnels de santé de la localité. Egalement, avec eux-mêmes, nous avons établi une liste de matériels médicaux qui sont indispensables pour le bon fonctionnement du centre de santé de Lokoti. Vous trouverez ces lites dans la page : “besoins”.

e) Les moyens humains
Nous avons besoin de bénévoles pour faire vivre l'association, pour la faire connaitre et pour recueillir des fonds.
Pour pouvoir agir éfficacement, il faut que des professionnels de santé et des techniciens puissent se déplacer sur le terrain afin de réaliser des actions curatives, préventives et techniques, en collaboration avec les professionnels du terrain.
La logistique est un point important du programme car l'acheminement du matériel est assez problématique du fait de l'éloignement de la commune d'un aéroport et d'un port. Il faut transporter les marchandises soit par voie maritime soit par voie aérienne, en fonction du volume et/ou du poids. Ensuite, il faut faire un transfert, vers la commune, sur une distance moyenne de 400 km dont les 2/3 sont de la piste.

f) L’éducation sanitaire et la prévention
Le développement sanitaire de cette communauté passe par une aide matérielle, logistique et ponctuelle. Mais, pour pouvoir améliorer les conditions sanitaires de cette localité, il faut également s'appuyer sur un programme de prévention et d'éducation sanitaire en collaboration avec les structures camerounaises et notamment le chef de district : le docteur Pierre Saa Fotso, diplomé de santé publique.
Au niveau préventif, nous envisageons également d'aider la commune pour améliorer l'hygiène par une aide logistique sur l'eau potable, sur l'éducation des enfants et sur l'alimentation.

g) La communication
Le développement de ce projet passe par une étape de communication pour faire connaitre nos actions et obtenir des fonds. Ce site est le point central du projet pour informer le public, montrer nos réalisations et nos actions.
Nous avons crée une liste de diffusion qui informera, par mail, les adhérents de l'association de façon plus détaillée et qui permettra à ceux-ci de participer à la vie de l'association.
Les communications ne sont pas facile avec le Cameroun du fait du coût des appels téléphoniques, mais nous pouvons communiquer par mail avec le président de l'association camerounaise, M. Samuel Godanga.
Un projet de télémédecine pourrait être mis en place ultérieuremnt, en fonction des moyens humains et financiers.

h) Les moyens financiers
La recherche de fonds nécessite la mobilisation des membres de l'association. Cette recherche s'orientera sur les dons, les manifestations et les demandes de subventions publiques et privées.

VI. Les priorités

a) Les contacts incontournables :

• Les hôpitaux

• Les structures de soins

• Les professionnels de santé

• Les bénévoles

• La municipalité de Lokoti

• Le chef de la communauté (le Lamidot)

• Le médecin du district

b) La création d’une structure de coopération

c) Visite de faisabilité

d) Le programme d’action

repertoire_projet_de_developpement.txt · Dernière modification: 2008/10/05 19:40 par cdegaye
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